Rhétorique et autres affaires

 

Est-il possible de décrire et de définir le monde, de le mesurer et de le vanter en méprisant le pouvoir des signes et des mots ? Les signes pour libérer l’esprit, le mental de toute forme d’abstraction, les mots pour fédérer autour d’une idée dont l’heure est venue, les mots joints à l’idéal qui veut que la société soit au moins Cité, par l’union de ses citoyens autour d’une idée combattant pour une éthique contre le néant ou les dangers.

Dans ce jeu lié à la rhétorique et perçu comme du bruit d’intellos par la doxa, l’arcane majeur de la politique au sens noble et porteur de lumière, tourne autour des sciences du langage, de la codification et du décryptage du signe : la linguistique, la sémiologie, la sémantique, etc.

Peut-on se penser/panser, quand nous remplaçons nos corpus culturels par le « tout se vaut » ? Peut-on faire peuple, nation et société sans imaginaire commun ? Comment travaillent, dans l’Afrique actuelle, les ingénieurs de la pensée si le choix des mots leur est accessoire, si les mots et les concepts finissent ennemis de leur activisme ?

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Salomon Rim

Cameroun

Communicant   –  Analyste Action publique Intle

 

 

A* Bonjour Monsieur RIM, qui êtes-vous ?

Il a plu à mes parents de me nommer Salomon Rim. Camerounais originaire du centre et plus précisément du Mbam et Inoubou, je suis célibataire et sans enfant. Actuellement apprenant au sein de l’institut des relations internationales du Cameroun je caresse le rêve d’une carrière professionnelle à l’international. Mon ambition est de me mettre au plus haut niveau de la recherche scientifique et de laisser mes marques dans les domaines de la communication et l’analyse de l’action publique internationale. Je sais que c’est peut-être rêver grand que de vouloir se projeter dans plus d’un domaine mais je suis de ceux qui pensent que l’homme est doué des capacités extraordinaires.

Ma triple formation en lettres puis en sciences de l’information et de la communication (SIC) et maintenant en Relations internationales fait de moi un individu à la fois holiste dans ses analyses et éclectique dans sa vision du monde. Je ne me sens pas plus communicant qu’homme de lettres, je me sens pas plus homme de lettres qu’expert de politique internationale car c’est tout ce background qui fait l’intellectuel que je suis. La transversalité et l’interdisciplinarité des sciences me poussent à croire à mes rêves.

En ce qui concerne la religion je dirai je suis chrétien né de nouveau et je me sais en route pour le ciel car j’y crois. Les questions politiques m’intéressent et j’ai plutôt un penchant pour l’ouverture et la démocratie.

 

1* La rhétorique a-t-elle nécessairement besoin de beaucoup de littérature pour s’enrichir (A) ? Comment des connaissances en linguistique l’aident-elles (B) ? Un public critique suffit-il à améliorer l’exercice du rhéteur (C) !?

La rhétorique communément perçue comme l’art de convaincre est une discipline bien plus profonde que la pratique à laquelle veut la réduire la précédente définition. Bien plus encore, la rhétorique s’est construite autour d’un long parcours fait d’apports et de débats contradictoires.

Comprendre la rhétorique nécessite que nous rentrions dans l’antiquité gréco-romaine. Les agoras et les tribunaux sont à cette époque des lieux où se décident le sort des hommes et l’avenir politique du pays. Ainsi, la soif de la justice et le besoin de faire entendre sa voix sont les différentes raisons qui ont poussé l’homme à mener une réflexion sur le langage. Ne pas trouver les mots et la technique d’expression juste au moment où l’on avait la parole pouvait s’avérer désastreux dans une société où l’éveil des consciences et la démocratisation donnaient à l’usage de la parole une place prégnante dans le jeu de pouvoir que cachent les interactions quotidiennes.

Si CORAX qui est considéré comme le premier professeur de rhétorique va donner des règles pour mieux structurer son discours, Aristote quant à lui va définir cette rhétorique comme « la faculté à découvrir spéculativement ce qui dans chaque cas peut être propre à persuader ». Compte tenu de cette approche aristotélicienne, les capacités du rhéteur ainsi que le contexte dans lequel il tient son discours priment sur les règles. Au vu de tout ceci, Il nous vient donc de nous poser les questions suivantes : quel type de rhétorique pour le contexte africain ? Quels types de rhéteurs faut-il pour l’Afrique ?

Une bonne discussion doit tenir compte

du temps de parole afin que nul

ne parle trop longtemps tout seul

Le rhéteur a besoin de beaucoup de littérature pour étoffer sa verve mais la rhétorique dans sa dimension pratique a surtout besoin de bonne littérature pour être affinée. Dans un monde où les hommes courent après le temps, l’art de convaincre ne saurait s’embarrasser d’une certaine prolixité car ici précision et concision sont des règles. Être davantage précis et concis demande que le rhéteur s’approprie des apports de la linguistiques tant dans la syntaxe, la sémantique, les figures de styles que la sémiotique. Si le lien le plus visible entre rhétorique et linguistique est l’ensemble de figures de style, il convient de noter que l’étude des formes des phrases ainsi que du sens et de la valeur des mots sont autant de valeurs que la linguistique apporte à la rhétorique, lesdits apports participent à faciliter le maniement de la langue et  permettent un usage juste de ses termes et de ses tournures.

Nous avons précisé plus haut que le contexte était une variable assez déterminante dans la pratique de la rhétorique ; mais un public critique suffit-il à améliorer le rhéteur ? À cette question nous répondrons mi-figue, mi-raisin. Un public critique peut contribuer à améliorer le rhéteur en exercice via le principe de l’émulation et la soif d’ascension dans les idées pour se faire comprendre mais ça c’est évident lorsque le rhéteur dispose déjà de la ressource nécessaire pour procéder à cette ascension. Alors, le public à lui seul ne suffit pas, le rhéteur a besoin de préparation en amont.

 

2* Une argumentation s’appuie sur une théorie générale qui fixe des règles : A- quelles sont-elles ? B- Quelles sont les qualités d’une bonne discussion ? C- À la fin qui peut objectivement être considéré par tous comme le «  vainqueur » ?

L’argumentation c’est l’art d’avancer des idées dans le but de défendre une thèse ou de démontrer un fait. Aristote dans le cadre de la rhétorique a proposé aux locuteurs de raisonner de façon logique (logos), de comprendre la nature humaine (l’éthos) et de tenir compte des émotions de son public (pathos). CORAX quant à lui propose un argumentaire en quatre étapes : l’exorde (qui revient à attirer l’attention du public), l’exposition des faits,  la discussion et enfin la péroraison (rappel des différentes idées et conclusion).

Une bonne discussion doit tenir compte du temps de parole afin que nul ne parle trop longtemps tout seul. Une bonne discussion intègre le respect de son interlocuteur. Une bonne discussion doit être cadrée sur une thématique bien précise et enfin elle doit mettre aux prises des personnes outillées sur la question ou tout du moins intégrer des personnes ressources.

Le but de la discussion étant de convaincre, l’on peut dire de celui qui a réussi à faire comprendre sa position qu’il ressort vainqueur du débat. Il ne s’agit pas d’imposer son point de vue mais d’emmener les interlocuteurs à comprendre et à épouser la pertinence de vos idées.

 

L’arbre à PALABRE n’a jamais été un arbre à BAGARRE

3* Que sont : le point d’appui et l’accord préalable ? Et comment peuvent-ils nous aider à mieux échanger nos idées (A)? En outre, si sur les plateaux TV, le bruit le dispute à la hargne, est-ce à cause de la culture « bantou », du défaut de recherche de l’accord préalable, autres raisons/causes ? Une telle formulation des débats est plus de nature à faire croitre l’intelligence collective ou la “réaction“ collective ?

Le point d’appui est le socle objectivement vérifiable ou universellement reconnu sur lequel l’on fonde son raisonnement. Le point d’appui est similaire à l’accord préalable, qui est cette réalité que l’ensemble ou tout du moins une bonne partie du public trouve comme (vérité) indiscutable sur une question précise. L’accord préalable permet de commencer son exposé en attirant l’attention de son public et en sollicitant son accord d’entame de jeu car, dans une question débattue, il existe toujours au moins un point sur lequel tout le monde ou tout du moins la plupart des personnes présentes peuvent être d’accord.  Alors, inutile de commencer son allocution ou sa prise de parole sur un plateau TV par un point qui divise les opinions et qui fâche, au risque de ne pas se faire écouter ou pire, d’éveiller des tensions qui brouilleraient la communication. Il est tout aussi indispensable sur un plateau de reposer son argumentaire sur des schèmes de raisonnement ou des données empiriques qui pourraient donner un caractère moins subjectif aux idées véhiculées, sinon les idées risquent ne pas passer.

S’il faut avouer que la recherche de l’accord préalable contribuerait à rendre les débats de chez nous moins bruyants, il faut tout aussi ajouter que le caractère hargneux des débats TV de chez nous relève plus du désir de se faire entendre à tout prix que de notre nature Bantou, car faut-il le rappeler, l’arbre à palabre (bantou) n’a jamais été un arbre à bagarre.

La rixe verbale devenue réalité dans nos agoras pourrait relever de ce traumatisme postmoderne subi de plein fouet par l’Afrique et observable dans la configuration de nos villes où bruits, boissons et débats se côtoient quotidiennement de façon scandaleuse. On discute plus dans les débits de boisson que dans les salons, du coup on est obligé de crier pour se faire entendre, ceci devient une attitude facilement contagieuse qui est de nature à faire croître la réaction collective même de la part de ceux qui sont plutôt réservés car dit-on, « qui va se négliger » (NDLR : idiomatique camerounaise) ?

 

4* L’Afrique est orale, en termes de diction, de mots d’esprit, de répliques et reparties, les africains culturellement bien insérés ne devraient-ils pas être des maitres de l’art oratoire ? Si ce n’est plus vraiment le cas, est-ce due à une panne dans la “projection“ et l’imaginaire/imagination ou voyez-vous d’autres raisons ? Par ailleurs, peut-on encore de nos jours faire croitre l’intelligence collective et la culture populaire sans le choix minutieux des MOTS ? En quoi la double maitrise intime des langues locales et importées est-elle cruciale pour tout Leader ?

Le caractère oral attribué aux communications africaines est un véritable héritage culturel encore observable lors des activités culturelles, les discussions épidictiques qui ont lieu lors des funérailles (par exemple). Bien que cette oralité à l’africaine, (faite de mythes, proverbes, allusions, figures de style et sens de la repartie assez affiné) soit intéressante, elle reste malheureusement réservée à des événements  particuliers et à une certaine élite initiée, alors qu’on aurait bien aimé la voir faire émerger de véritables rhéteurs au sens large. Si l’on ne peut pas déclarer sans risque de se tromper que certains initiés à la tradition orale de chez nous ne sont pas de grands rhéteurs, il convient tout de même de signaler que ceux qui brillent n’ont pas l’adhésion d’un large public.

Ces rhéteurs sont confrontés aux questions d’adaptation contextuelle. La déconnexion du jeune africain d’avec sa culture n’aide pas à bien faire passer la communication entre ces élites d’un autre genre et cette jeunesse parfois acculturée et paupérisée qui n’a que faire de beaux discours pleins de mythes, de proverbes et d’allusions. « Ventre affamé n’a point d’oreille » dit-on ; à mon sens, la paupérisation met réellement en crise la jeunesse et les mots. Assez  préoccupée à parler de ses maux, la jeunesse est plus portée à la recherche des solutions immédiates qu’à la quête du bon discours porteur de solutions à long terme. Sous l’effet du traumatisme postcolonial et de la paupérisation, l’imaginaire populaire s’est considérablement éloigné des référents, des indices et des icônes auxquels renvoient les mots (qui sont des signes au sens peircien) des sages. Encore plus loin de nous est cette époque où le « mpodol »*  UM NYOBE, pouvait parcourir des marchés, écumer les places publiques pour haranguer et convaincre des foules. (* : Mpodol : celui qui porte la parole des siens, en langue bassa, du Cameroun)

Aujourd’hui, il se pose réellement un problème de projection et d’appropriation du réel par cette élite initiée à l’oralité africaine car quoiqu’il en soit un choix minutieux des mots en phase avec le contexte a toujours de l’effet.

Faire croître l’intelligence collective passe de nos jours par la production de divers contenus mais le choix des mots reste un préalable puisque même les visuels intègrent une dimension linguistique (le message) centrale.

Choisir les mots pour s’adresser à un public et l’impacter c’est d’abord connaitre le contexte dans lequel l’on tient ses discours, c’est aussi apprendre à connaitre son public et sa culture. Tous ces paramètres justifient le choix de la tonalité du discours et du comportement à adopter (dans le cadre du non verbal).

Si tout homme politique est porteur d’un discours,

tout discours politique n’emporte pas pour autant l’adhésion populaire

Des études sociolinguistiques nous démontrent que la maîtrise de la langue locale est un atout pour une intégration au sein d’un groupe social donné. Toute langue véhiculant une culture, sa maîtrise aide le leader à s’imprégner de la culture de son public et de fait à mieux le comprendre.  Dans une optique où leadership nécessite communion avec son public et capital sympathie, la maîtrise des langues locales et importées devient un atout pour tout leader qui tient à être estimé au sein de “sa“ communauté par toutes les franges de son public car faut-il le souligner, l’hétérogénéité des publics nécessite des leaders ce double effort.

 

5* Considérant les plaintes des populations et leur réponse électorale par l’abstention, ne peut-on pas considérer que si les politiciens échouent à mobiliser derrière eux, c’est aussi parce qu’ils négligent le poids des mots ? Dans quel cas peut-on perdre la bataille des mots et gagner celle des idées directrices ?

Toute langue véhiculant une culture,

sa maîtrise aide le leader à

s’imprégner de la culture de son public

En matière d’élection, l’abstention est la règle et le vote constitue l’exception. Alors même que l’idéal démocratique voudrait la participation de tous dans le processus de désignation des leaders, on constate une tradition abstentionniste qui tend à perdurer. Cette tendance à l’abstention est-elle une crise de mots (qui sont mal ou peu utilisés) ? Ou alors faut-il y voir une crise de confiance ? Auquel cas les mots bien choisis suffiraient-ils (à eux seuls) pour inverser la tendance ?

Ceux qui s’abstiennent le font généralement par manque de confiance soit au politique soit au système électoral (en Afrique surtout).  Quant aux votants ils votent souvent par dépit et élisent des leaders par défaut (ceci se vérifie lorsqu’on réélit le même parce qu’on ne voit personne en face ou encore lorsqu’on vote MACRON parce qu’il faut éviter Marine LEPEN) ; rarement la conviction est aux commandes. Ce tableau traduit clairement une double crise de conviction et de confiance. Si la conviction se cultive par des discours convaincants, la confiance quant à elle se cultive par des gestes forts.

Le débat politique encore en bonne place à la veille des élections dans bien de pays montre clairement que le discours est un élément d’une importance capitale en ce qui concerne la mobilisation de l’électorat. Si tout homme politique est porteur d’un discours, tout discours politique n’emporte pas pour autant l’adhésion populaire. Tout se jouerait-il donc dans le choix des mots ?

Les leaders tels que Barack OBAMA ont su capitaliser sur le choix des mots en utilisant des slogans inclusifs précis et concis. On a encore en mémoire le fameux « Yes We Can ». Le jeune activiste KÉMI Séba emporte une certaine adhésion dans la cause politique qu’il défend en Afrique. Le charisme de Charles BLÉ GOUDÉ en Côte d’ivoire nous montre que le choix des mots peut influencer fortement l’adhésion populaire. Plus proche de nous encore Cabral LIBII (NDLR : Cameroun), nouvellement entré dans le jeu politique et assez connu pour ses analyses pertinentes et son style langagier à mi-chemin entre science et simplicité, gagne l’adhésion d’un certain public dans la cause qu’il porte. Si certains voient le verre à moitié vide dans le cas de Cabral, ce n’est peut-être pas à cause des mots mais à cause de la crise de confiance qui met la population dans une logique de méfiance et d’incrédulité incessantes.

Communiquer ce n’est pas que dire des mots mais aussi et surtout poser des actes forts. Ainsi, réinstaurer la confiance perdue nécessite que les leaders actuels s’investissent davantage dans le non verbal et posent des actes forts. En jouant sur la relation, il est possible de perdre sur le champ des mots et tout de même réussir à faire accepter ses idées. La séduction n’est-elle pas un moyen de se faire entendre ?

Plus important encore il y a cette dimension moderne de la rhétorique qui intègre l’usage des images fortes, des anagrammes (hashtag) via les réseaux sociaux. Il est donc urgent pour les leaders actuels d’explorer ces pratiques qui font de plus en plus leurs preuves. Rappelons-nous de la mobilisation du « bringbackourgirls ». Le développement technologique et  les flux culturels rendent encore plus complexe la maîtrise d’un public déjà hétérogène. Ceci étant, le rhéteur doit se munir de tous les objets qu’offre son environnement s’il veut mobiliser suffisamment de monde et les rallier à sa cause.

 

6* Quand d’un auteur : écrivain, journaliste, poète… les « followers » encensent plus la plume que la fulgurance et l’intelligence ne devrions-nous pas nous questionner quant à la potentialité de la tête sur le corps en Afrique ? En d’autres termes, chez nous, la « tête fait-elle encore partie du corps » ?

La fulgurance des idées a toujours été opposée à la beauté des écrits dans les débats littéraires. De nos jours encore, le débat a peut-être évolué mais dans la pratique plusieurs s’attachent plus à la forme des productions écrites ou actes de parole plutôt qu’à la pertinence des idées véhiculées. Doit-on pour autant s’interroger sur le rôle de la tête en Afrique ?

La préférence pour le beau ou l’éphémère n’est pas l’apanage de l’Afrique mais d’une frange de la population mondiale, parsemée, dans tous les continents. La culture de consommation a bien éduqué les hommes à s’attacher à ce qui tape à l’œil plutôt qu’à ce qui est important ; à ce qui est agréable plutôt qu’à ce qui est utile. Si comme nous le précisons cette pratique existe chez une frange de la population, on pourrait dire qu’en Afrique la « tête fait encore partie du corps ».  La question qu’il conviendrait de se poser est celle de savoir quel est le pourcentage de ce public “cérébral“ !

 

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Une réflexion sur “Rhétorique et autres affaires

  1. Analyse sur la rhetorique bien traitée sujet maitrisé et je pense que c’est une analyse scientifique qui aidera pour la maitrise parfaite des differents elements de language

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