Ressource traditionnelle

On serait tenté de se demander “pourquoi doit-on revenir à ce qui, chez nous, a été vaincu ?“. Pourquoi ne pas s’occidentaliser : rationaliser si l’Occident est rationnel et séculariser/christianiser  s’il est séculier/chrétien. Peaux noires masques blancs, pourquoi cela serait-il problématique s’il y a un résultat “développementiste“ ?

Ce serait malheureusement  négliger l’innovation qui a besoin d’une identité pour exhausser les mondes d’où sont  issus l’innovatrice et/ou les scientifiques. Par ailleurs, mal valoriser le pouvoir : de l’imagination pour penser le progrès, celui du terroir pour circonscrire sa conscience et sa singularité. Par-dessus tout, ne sommes nous pas entrés dans l’économie de la connaissance et sa philosophie, par laquelle la spéculation élève, rehausse et exalte ? Voilà des raisons pour lesquelles nos cultures traditionnelles et les civilisations des ascendants peuvent être re-(ap)prises : ce sont des territoires méconnus à re-explorer avec nos yeux « occidentalisés »… pour engendrer un paradigme nouveau, élaboré sur la tombe des deux mondes !

Replonger en « Nous-Tous » pour ressourcer le Moi autant que le Ça ; puiser dans des univers symboliques, cultu(r)els voire parapsychiques endogènes (et finalement neufs), où l’inconscient de l’Histoire (ou celui de l’ethnie) portent quelques germes hypostatiques plus faciles à reconnaitre pour féconder l’esprit, la pensée, l’imagination : nouveaux et d’aujourd’hui !

La lettre de notre contributeur au-delà de la fierté (ébaudie) d’être soi et de le (ré)clamer, devrait être lue en ce qu’elle est : une invitation (d’individu à individu) non pas à se découvrir mais à se féconder sur la base des questions nouvelles qui affronteront inévitablement le monde ancien rappelé à la vie moderne : son ordre et ses lois !

 

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Tétè MANDJOMBE ii

Cameroun

Promoteur culturel – Écrivain

 

 

Bonjour Monsieur, qui êtes-vous

Je suis TÉTÈ MANDJOMBÈ II, Camerounais de 43 ans, père de trois enfants. Promoteur culturel, Courtier d’affaires, Écrivain-Poète, Traditionnaliste.

Je suis aussi et surtout un activiste panafricain et afrocentrique et représentant sur le Continent de la Maat Wisdom Society, Cercle initiatique panafricain qui, lui aussi, est établi aux USA.

Je ne suis d’aucune des religions dites révélées ou conventionnelles. Mon univers spirituel est strictement négro-africain. Je suis, par essence, nyambeïste et membre d’ATA (Arcanes Traditionnels Africains), un groupe de recherches et d’échanges sur le Savoir des mystes anciens de nos terroirs. ATA est fondé et dirigé par le Professeur MBONJI EDJÈNGUÈLÈ, Chef du Village de Bwassalo dans la Région du Littoral camerounais et Chef du Département d’Anthropologie à l’Université de Yaoundé I.

Mon rêve, comme celui de beaucoup, est celui d’une Afrique libérée des jougs occidental, oriental mais, aussi, de celui endogène détenu par les sbires des premiers. Mon rêve est donc celui de LUMUMBA,  GARVEY, NKRUMAH, UM, DIOP et de tous les autres militants de la Cause dite Noire. Il se résume en deux mots : Renaissance Africaine.

La philosophie qui sous-tend tout ceci est l’Ubuntu, cette vision africaine du monde concentrée en cette expression chère à nos Anciens : «  Je suis parce que nous sommes ! »

 

1* Que nous apporterait-il de connaitre nos langues de village dans un monde cosmopolite où le sens est à la relativisation et au multiculturalisme ?

Tout peuple a pour entité-corps sa culture et pour entité-âme sa langue. Le combat pour la culture, dans lequel nous sommes fortement engagés, commence par la langue. Car sans âme inspirant et animant le corps, point de vie, dit la Sagesse.

UBUNTU : Je suis

parce que

nous sommes !

Notre survie, comme Peuple(s), dépend ainsi de notre propension à l’apprendre, la diffuser et la conserver en nous. La langue est le vaisseau qui nous lie à notre environnement actuel, à notre histoire mais aussi à notre mythologie. Sa maîtrise est donc un billet pour le passé et un tremplin pour le futur. Elle nous permet de véhiculer nos essences propres et de nous affirmer comme entités libres dans un monde où le cannibalisme culturel est désormais la règle. Le village planétaire tant rêvé par certains n’est qu’une compilation de faits culturels tantôt souhaités tantôt tolérés par un establishment  culturel occidental. Ce qui ne lui sied point est jeté aux oubliettes et taxé de rétrograde, d’arriéré et même d’inhumain. Nous serons, telles de fières sentinelles, perpétuellement là pour dire au monde que nous sommes des humains à part entière, respectant les langues et les cultures des autres, et exigeons que les nôtres, aussi petites  sont-elles devenues sur l’échiquier mondial, soient pareillement encensées.

 

2* Qu’est-ce que l’initiation ? Et pourquoi est-il crucial que la science de nos aïeux contribue à irriguer les nouvelles méthodes de cognition de notre jeunesse ?

L’initiation à la Vie et à ses mystères est d’abord un processus d’enculturation. Le néophyte reçoit une foule d’enseignements lui conférant graduellement une connaissance rudimentaire, puis approfondie de l’histoire et de la tradition, des lois de la nature, de l’organisation des mondes visibles et invisibles.

C’est elle, il y a cent cinquante ans, qui conférait, dès l’âge de sept ans au jeune garçon et neuf à la fillette, les clés de compréhension du monde mais aussi du futur rôle à jouer, par eux,  au sein de leur famille et de la société toute entière.

Avant l’arrivée, sur nos terres, du maudit colon, quarante et deux  sociétés initiatiques ou confréries régissaient nos sociétés, leurs conflits tout en organisant leur sphère sacrée. Ces sociétés étaient nommées « Losango » pluriel du mot « Isango » qui a pour racine « Musango » : la Paix. Cette dernière se devait d’être gardée et sauvegardée par ces sociétés et leurs initiés dont le but en réalité était de créer l’harmonie vitale entre les humains, d’une part, mais aussi entre ces derniers et les forces invisibles (morts, Ancêtres, Divinités…) qui les entourent, d’autre part. Nos sociétés occidentalisées ayant perdu ces notions sont devenues des non-sociétés tout simplement !

Il est donc crucial de revenir à nos fondamentaux et à ces sciences anciennes afin de donner aux jeunes les armes nécessaires à leur épanouissement spirituel et même matériel selon notre propre paradigme. C’est la seule voie et voix, dit la Sagesse.

L’Africain nouveau se doit d’être décomplexé par un enseignement enduit d’afrocentricité

3* Quand la majorité bruyante embrasse les doctrines, pensées et philosophies “importées“, n’espère-t-elle pas aussi en « importer » l’intelligence qui il faut le dire “nous“ a technologiquement vaincu ? Que leur dire afin qu’ils ne jettent pas le bébé africain avec l’eau noire de son bain ?

C’est l’ignorance des faits historiques et de la science enfouie dans nos traditions qui poussent certains à penser cette importation à tout vent.

Les glorieux Ancêtres, dont nous descendons, n’ont pas eu besoin de savoirs exogènes pour inventer, il y a 20.000 ans, les mathématiques à Ishango. Nos Ancêtres de la vallée du Nil n’ont pas attendu grecs, romains et perses pour inventer leurs sciences pyramidales. Nous n’avons pas espéré la venue des leucodermes (NDLR : les Blancs) pour bâtir civilisations et empires à l’heure où en Occident certains mangeaient de la viande crue dans les cavernes nordiques. Il s’agit de faits historiques et anthropologiques et donc scientifiquement prouvables qu’il faut enseigner aux forces juvéniles depuis les écoles primaires pour éviter cette vénération lapidaire de l’Occident et de ces dits ordres philosophiques, dont souffrent leurs parents empoisonnés. SANKARA expliquait qu’il est important de rappeler au Peuple combien il fut grand par le passé afin de lui donner les armes historiques, morales et scientifiques qui lui permettraient de redevenir glorieux.

La technologie actuelle, comme la religion, est le fruit du savoir pillé dans nos temples et universités anciens. Elle n’appartient nullement à l’Occident. L’intelligence ne saurait être importée. L’admettre fait de nous des sous-hommes. A condition égale dans les universités et laboratoires, nos compétences sont de loin meilleures. N’oubliez point que ce qu’on pense être le fruit du travail d’un leucoderme est très souvent une invention négro-africaine. Cela s’est fait par le passé et continue aujourd’hui. L’ascenseur, le réfrigérateur, le climatiseur, les feux de signalisation, les freins des véhicules et des centaines d’autres objets dits modernes sont en fait des inventions de descendants de déportés africains dans le nouveau monde ou même de ceux envolés récemment vers la Silicon Valley ou la NASA. Le cas CHEIKH MODIBO DIARRA ou d’EMEAGWALI peuvent en témoigner.

Il appartient donc à nos gouvernements d’investir dans la recherche et mettre ainsi des conditions favorables au développement intellectuel et, donc, appropriées à l’émergence de cette « intelligence » qu’on pense être lotie ailleurs. Alors, donnons-nous les moyens de notre réussite en investissant dans les domaines pointilleux de la science. L’Africain nouveau se doit d’être décomplexé par un enseignement enduit d’afrocentricité. C’est le seul billet gagnant dans cette histoire.

 

4* De quoi procède cet Occident Autre : de l’Histoire, de la philosophie, de la logique ou de l’initiation ?

De tout cela mais aussi et surtout de l’arnaque tout simplement. Oui de l’Arnaque faite discipline ! Fourguer aux africains leurs propres propriétés spirituelles, leurs savoirs et sciences en les faisant passer pour des inventions et même des révélations divines est de l’arnaque.

Plus sérieusement, depuis des siècles, l’Occident, essentiellement pauvre en richesses minières et énergétiques, a mis sur pied des mécanismes d’appauvrissement économiques, financiers, culturels et spirituels de l’Afrique afin de parer au manque de ressources criard de ses sol et sous-sol.

Tout ceci est savamment pensé, huilé et organisé depuis les sphères de leurs chancelleries officielles et occultes. Celles-ci ont investi aussi bien dans la recherche que dans la désinformation et la manipulation des masses.

 

5* L’histoire et l’initiation en Afrique subsaharienne sont véhiculées par voix orale et symbolique, principalement, pourtant les « Gardiens 2.0  de la Tradition » nous vendent tous les jours dans les médias une « histoire falsifiée » à coté d’une « initiation authentique », pouvez-vous tenter de démêler cette affaire ? Comment pouvez-vous nous convaincre que cette « initiation » n’a jamais subi d’ajout, ni altération et n’est pas un syncrétisme fruit du temps ?

L’initiation, en réalité, ne véhicule pas une vision statique de la Tradition. Si le fond ne change pas, la forme, quant à elle, ne saurait être statique. Le négro-africain épouse une vision dynamique des formes et des concepts. L’essence est, certes, inamovible mais produit de multitudes de substances. Les choses évoluent tout en maintenant le même fluide ancestral. Les rites qui étaient mémorisés se sont faits retranscrire sur les pierres par le passé et, ensuite, pris par les tenailles des attaques des envahisseurs et autres razzias de plus de deux millénaires, nous sommes repassés à la mémorisation complète au point d’oublier que nous sommes, par JEHUTY (Thot), une civilisation d’écriture. Voilà qu’aujourd’hui, nous recommençons à consigner nos mots sur des supports ci et là sans trahir l’authentique et antique arcane.

Aussi des clés existent pour authentifier nos rites, ils ne sauraient avoir une vision contraire à notre paradigme. Le rite peut donc au fil des temps changer de formes, mais le fond initiatique se doit de rester le même.

«  Le Chaos »

6* Pourquoi les gens qui disent « aimer l’Afrique » devraient-ils, pour le démontrer, selon vous, concomitamment aller à l’université occidentale et apprendre à se faire instruire à l’école des initiés de leur village ?

Le monde actuel est ainsi conçu. L’environnement actuel nous y oblige. Il s’agit des contingences qui seront appelées à disparaître dès que la Renaissance aura pris ses quartiers. L’université occidentale ne sera plus une obligation sur nos terres. Un champ de sciences et autres savoirs pourraient être enseignés selon un paradigme endogène comme au Japon par exemple. A l’intérieur, de cet enseignement, devra figurer un corpus spirituel comme dans nos « Per Ankh » à Kemet ou dans nos Mikuka Sawa, qui étaient de véritables universités initiatiques. Tout ceci pour vous dire que le négro-africain, terme cher à mes maitres à penser DIOP, OBENGA, DIKA, ne séparait pas dans la transmission des savoirs, sciences dures et sciences initiatiques, éducation sociale et cursus spirituel, enseignement normal et instruction cultuelle.

 

7* Quelles sont les conséquences institutionnelles, sociales, politiques, militaires, autres, de l’initiation galvaudée ?

Le Chaos. Une dépréciation de la vie communautaire, un déséquilibre spirituel impactant l’ordre social. « Éteki », l’Ordre des humains, chez les Duala, n’est pas seulement calqué sur « Tei », l’Ordre Universel, et « Matè », l’Ordre Cosmique. Il y est connecté par un ensemble de rites dont la souche se retrouve dans les diverses initiations délivrées méthodiquement par les écoles et sociétés initiatiques. Lorsque les alliances sacrificielles et autres connexions ancestrales ou divines sont rompues voire mal conduites, par le fait des hommes avares et/ou réfractaires aux codes de transmission séculaire et de leurs méthodologies ancestrales, on ne peut s’attendre qu’à des cataclysmes spirituels débouchant sur des dépravations sociales, économiques et politiques. L’atmosphère ambiante dans nos sociétés actuelles peut en témoigner. Il est temps de nous refaire. L’Homme ayant reçu une initiation galvaudée est un danger pour lui-même, ses proches et comme, dit plus haut, pour toute la société y compris ses initiateurs indélicats.

 

8* A l’heure où dans nos différents pays une forme de syncrétisme tend à s’établir entre christianisme/islam et religions traditionnelles : A- Quel est votre jugement de valeur sur cette tendance ? B-  Avez-vous de critères de jugement objectif pour motiver votre position ? C-  Sans conservation à l’écrit par les initiés actuels, ne risque-t-on pas de perdre la pureté des rites magiques ? D- Avec les jeunes de plus en plus en ville, comment démasquons-nous les charlatans entre aveugles ?

Le syncrétisme, à notre avis, est premièrement un aveu d’échec et de faiblesse. Un constat d’immaturité spirituelle. On pense gagner en ayant un pied à droite, une main à gauche et le bout de son nez au centre. On s’imagine contrôler un univers alors que finalement on est maitre de rien du tout. Avoir une culture spirituelle universelle ou universaliste ne mènera notre Peuple à rien du tout. Elle fera de vous un érudit de plus, ne servant à rien à sa communauté, en réalité, car les enjeux sont plus complexes et au-dessus de nos petits êtres balbutiants et égocentriques.

Deuxièmement, le syncrétiste utilise des forces qui finissent par se combattre dans son environnement spirituel. Entre les égrégores  et divinités d’emprunt, d’un côté, vivant selon des codes précis et ses Ancêtres et Divinités, obéissant à une structure distincte, on se retrouve, bien des fois, dans des incongruités spirituelles de haut vol !

Comment expliquer, par exemple, que lors d’une cérémonie de commémoration d’un mort de la famille, cette dernière fasse intervenir un prêtre catholique et un ritualiste africain ???

Si pour les deux intervenants et ladite famille, commémorer c’est faire vivre la mémoire du mort, nous devons nous appesantir sur le fonctionnement et l’impact d’une telle cérémonie sur le mort objet de la commémoration car deux visions, ici, de l’au-delà s’oppose rigoureusement !

Tenez, d’un côté, le négro-africain ne conçoit pas l’après-mort comme un moment absolu de répit, un état de repos ! Le mort africain dans nos cultures n’est pas censé se reposer. Il est évoqué, invoqué et même convoqué lorsqu’il le faut. Voilà pourquoi son double est nourri par l’énergie de diverses offrandes à lui offertes par ses descendants et autres proches sur et autour de sa tombe ou dans d’autres espaces comme les seuils des portes, lors des libations, ou encore pendant les assemblées familiales et dans les sanctuaires dédiés à cet effet.

Le mort ou l’Ancêtre, dans nos cérémonies, est appelé à « se réveiller » par le ritualiste. Ce dernier tient souvent une tige de feuille de bananier qu’il frappe violemment sur la tombe pour sommer le défunt d’écouter et de prendre part à la cérémonie mais aussi, bien entendu, d’exaucer les demandes et vœux de ses proches.

Quelques minutes après, c’est le prêtre ou le pasteur qui entre en scène et qui clôture très souvent la cérémonie en demandant, pour le mort, le repos éternel dans l’espoir d’une résurrection annoncée par Jésus, son sauveur et maitre !!!

Allez y comprendre quelque chose ! Voilà dans une même commémoration, deux indications contradictoires données  au même mort : l’action urgente et quotidienne, d’un côté, et de l’autre le repos éternel. Et le mort troublé de se demander si nous avons perdu la tête !

On manque de cohérence spirituelle, de lucidité initiatique dans nos démarches religieuses et mystiques ! Puissent le discernement et la sagacité regagner nos cerveaux !

En ce qui concerne votre préoccupation concernant la conservation par écrit de nos rites, ce n’est pas un fait nouveau. Il faut se rappeler, comme je l’ai mentionné plus haut, que depuis Kemet, beaucoup de rites étaient déjà retranscrits sur les murs et papyrus. On les retrouve, pour certains, dans les textes des Pyramides ou dans le Livre de la Sortie du Jour appelé malencontreusement « Le Livre des Morts égyptien » Même si tout n’a pas été consigné, beaucoup a été rédigé et est aujourd’hui parvenu à divers chercheurs ci et là. Cependant, il faut savoir que tout ne saurait être écrit. Une partie de l’enseignement sacré se transmet uniquement de la bouche du maitre à l’oreille du néophyte. Nous écrivons beaucoup aujourd’hui dans nos écoles de mystères mais nous avons aussi gardé cette sacralité “intranscriptible“ à un certain niveau initiatique.

Il est vrai qu’il n’est pas évident pour celui qui n’est pas aguerri de savoir reconnaître le charlatan jouant les prêtres initiateurs dans nos villes. Mais sachons aussi que les vrais détenteurs de nos arcanes ne courent pas les rues et, eux, savent reconnaître les vrais chercheurs des voies initiatiques authentiques.

Il n’y a pas d’erreur Kamite. Il y a des égarés et des brebis galeuses partout.

9* A quand un complot d’initiés d’Afrique pour contrebalancer le complot « illuminati » ? Qu’est-ce qui manque ou faudrait-il d’abord faire (processus) ?

Bientôt, une masse critique de personnes, initiées, dévouées, opérationnelles  et prêtes à en découdre arrive.

(Rires) Il ne convient pas, ici, de dire le moment ou le comment d’un tel combat qui a, même, d’ailleurs commencé depuis fort longtemps. Pour atteindre cette masse critique souhaitée, il faut recruter, enseigner, initier et ainsi re-polariser le mental des nôtres. Les choses se feront toutes seules après, croyez-moi.

 

10* Puis-je suggérer que l’erreur kamite, outre son supraréférentiel egyptianisant nie la migration pour faire dire à ANTA DIOP ce qu’il n’a pas dit : l’Égypte est le début de la civilisation humaine, est de vouloir parler d’initiation à partir de l’Histoire et la refaire « authentique » à partir d’une histoire finalement parcellaire ? Qu’y répondez-vous ?

Les Ancêtres en remontant le Nil ne l’ont pas fait bras ballants. Ils sont allés bâtir Punt, la Nubie et plus tard Kemet avec un savoir déjà, plus ou moins, expérimenté plus bas comme pour le cas des mathématiques avec l’Os d’Ishango, il y a 20.000 ans. L’Égypte ancienne est notre plus belle et grande réussite connue. Ce n’est pas le début de la civilisation mais la plus grande des civilisations humaines. Nous devrions en être fiers car c’est à cause de cette grandeur, jamais égalée, et incomprise, jusqu’à nos jours par beaucoup de chercheurs occidentaux, que la quasi-totalité des leucodermes nous disputent cet héritage nôtre.

10.000 ans de suprématie négro-africaine ce n’est pas rien. Il faut le clamer et le réclamer ! L’Égypte a toute sa place dans nos humanités classiques mais pas toute la place. Il n’y a pas d’erreur Kamite. Il y a des égarés et des brebis galeuses partout. DIOP a laissé un corpus, OBENGA, BILOLO, GOMEZ et pleins d’autres ont continué son œuvre et, l’on sait, que c’est ce qu’il a souhaité de son vivant. Il a recommandé de donner à l’Égypte pharaonique la place qu’à la Grèce dans les humanités classiques européennes car cette Égypte est notre héritage : le plus grandiose qui soit. Par contre il n’a jamais demandé de renier le legs ancestral récent puisqu’il est prouvé qu’il est, pour la plupart,  la réminiscence de ce savoir ancien enfoui en nous depuis notre départ de Kemet, du moins, pour ceux des nôtres qui en descendent.

Le Kamite que je suis englobe et réclame tout cet héritage, l’avant Kemet et l’après Kemet. A ce sujet, je vous invite à lire après DIOP et OBENGA, une œuvre anthologique de la même mouvance et écrite par le Feu Prince et Professeur DIKA AKWA nya BONAMBELA dont le titre assez évocateur est : « Les Descendants des Pharaons à travers l’Afrique » édité par Osiris Africa en 1985.

 

La question suivante et la réponse sont une volonté de précision de notre contributeur d’une thématique qui n’a pas été abordée. Donnez la parole à nos intelligences : la mission de ce bulletin !

11* Pouvez-vous nous parler  en quelques lignes  de ces réminiscences égyptiennes dans  la sphère sacrée des peuples qui disent en descendre ?

Les concepts philosophiques sont les mêmes. Nous avons transporté dans nos mémoires et cerveaux une foule de connaissances mythologiques et cosmogoniques qui peuplent et fondent, aujourd’hui, nos arcanes cultuels.

Sans entrer dans la comparaison du panthéon des divinités de Kemet et celui des SAWA actuels, je vais parler brièvement de la Divinité Suprême des peuples de la côte camerounaise qui est NYAMBÉ et qui, à bien d’égards, est Amon. Sur le plan linguistique, il nous est révélé par le Prince DIKA que NYAMBÉ est une combinaison de “Amon“ + “Bai ». Amon-Bai s’est fait AMBA, AMBI puis, nzAMBI, zAMBE, nyAMBE et ainsi de suite. Les mystiques de Karnak dans des traités anciens parlaient d’Amon-Bai. Amon, le démiurge invisible, et Bai, son souffle, entendez par là, sa création-manifestation.

NYAMBÉ, étant la combinaison ésotérique de ces deux  »mots-Forces-Entités », à son tour, plus d’un millénaire après, va donc englober le caractère visible et invisible du Démiurge Amon-Bai. Il sera lui aussi à la tête d’un panthéon de divinités secondaires et autres déités qui, à la vérité, ne sont que des émanations, formes et principes de la Divinité centrale.

Plus bas, dans la Cosmogonie des Ngala-Duala, nous voyons bien les ressemblances, tantôt linguistiques tantôt mythologiques, des essences spirituelles étudiées.

JEKI LA NJAMBÈ est le Héros majeur des « Masomandala » ou contes initiatiques des SAWA. Comme HOR (Horus) se battant contre SETH, il combat KWA, son oncle et meurtrier de son père NJAMBÈ. JEKI dans le mythe, est aussi appelé OLO, l’Ancien. Après analyses… anthropologiques et études linguistiques, il est avéré, par DIKA, que HR ou HORO a muté en plusieurs siècles en OLO, L remplaçant R.

Aussi, NJAMBÈ, père de JEKI a pour hypostase JUDI LA BEDIMO, le Grand Juge du Pays des Morts. C’est le rôle que joue OUSSIRÉ/AUSAR (OSIRIS), père de HOR, dans la Douat : le Monde Souterrain. Il meurt découpé par son frère ainé en 14 morceaux comme OUSIRÉ à Kemet. Notons aussi, entre autres, que NJAMBÈ est le Roi-dieu de la végétation comme le fut OUSIRÉ. Sa femme EBÈNYÈ est une magicienne dotée de pouvoirs énormes comme ASET (Isis) et dont l’hypostase est ISÈ.

Les ressemblances linguistiques et cosmogoniques sont légions, comme vous pouvez le constater, finissons par EYATO, la divine-femme de JEKI qui se positionne comme HET-HOR (HATHOR) dans le mythe de Kemet et dont le symbole est NYAKA, la Vache Sacrée tel celui de HET-HOR. Aussi, il faut ajouter que ces recherches anthropologiques ne se limitent pas pour nous aux côtes camerounaises. HORO/OLO se retrouve être la racine de plusieurs mots sacrés dans les langues africaines actuelles. Nous avons : OLU, le disque solaire. ILO (« jour », Bassa), ELOLOMBÈ (« disque solaire », Duala), OLOLOMÈ (« Dieu Créateur », Bakoko), OLODUMARE, OLOGUN, (« Créateur Suprême », Yoruba), OLU (« Divin », « Sacré », « Prééminent », Yoruba), OLUGU (« Louange », Ekang), etc.

Nous allons nous arrêter là. Il appartient à tous ceux des chercheurs et initiés qui œuvrent pour la résurgence de nos cultes anciens de se pencher sur tout ceci et donner aux jeunes les corpus spirituels endogènes qui, seuls, sauveront le continent de sa léthargie spirituelle actuelle due à la mendicité culturelle de nos peuples vis-à-vis des autres.

 

Et moi, comment puis-je vous remercier de me permettre de diffuser ces choses qui méritent d’être connues, apprises pour repenser notre Afrique, sinon en vous encourageant à continuer ce travail que vous avez commencé !

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