Les yeux sur Terre, Des pieds en l’Air (édito #2)

À l’ère de la réponse, de la post-vérité, du brouhaha et du fait alternatif, l’acte révolutionnaire et aiguilleur (individuel puis collectif) ne saurait plus être encyclopédiste d’abord, minimaliste est-il : celui qui invite à apprendre sur chaque sujet afin de continuellement se poser LA ou les bonnes questions pour trouver la ou LES bonnes réponses. La question (se) soumettre à la question ; afin d’exorciser tous les morbides slogans et sentences aussi moyenâgeuses que macabres qui n’ont cessé depuis hier de lier instruction, intellect, culture, livre, d’amalgamer réflexion et récitation : spéculation et singeries ! Que serait un fil de recherches sans LA ou LES questions principales (ou initiatrices) ! Dans quelle direction iraient la méthode, son discours, l’éthique  même de la polémique, de la critique ou de la moquerie… sans la divine ossature de la question, le squelette qui assure à une idée, un projet, une œuvre d’art ou une construction immobilière son statut qui répétitif, qui disruptif !

La mission sortie de son opacité et blabla de cette génération et blablabla apparaît totale dans ce sens : (SE) forger soi-même afin de  cesser d’avaler la bouillie, devenir un mouton  qui tant connait la chanson qu’il sait des loups se défendre. L’ (auto) édification, l’individuation, une architecture mentale connectée et autonome, le raccord pneumatique, l’éveil vis-à-vis du psychique ; l’émancipation des conservatisme et misonéisme réducteurs, du corps social physique réside dans savoir et apprendre à se poser les bonnes questions à soi-même pour aller de l’avant. Réside dans la culture : du progrès naturel et parallèle à la vitesse exponentielle des illustres Autres, sans laquelle ils auraient l’impression que nous reculons. « Laissez-nous avancer » disait ce célèbre !

Dans chaque génération il y a un nouveau peuple aurait pu dire TOCQUEVILLE or KOUROUMA aurait pu lui répondre que la politique c’est la chasse et l’on entre en politique comme dans la guilde des chasseurs. Qui voulons-nous être ? Quels peuples et quels désirs de société donc quelle utopie (pneumatique) initiée pour être instruite par quels ingénieurs et intellectuels (psychique) pour quel genre de nouveau peuple engendrant de nouveaux êtres d’Afrique, avec un nouvel ADN (physique) ? Chasseur, chassé ou bétail ?

L’autonomie de penser nous oblige : parents ou en devenir, nos enfants nous ausculteront. Aurons-nous réussi à les exhausser du sort dans lequel les nôtres nous ont inscrits. Ou volontaires, braves, sagaces, l’accusation du conditionnement demeurera l’excuse ou  clairvoyants et inventifs et devins, nous aurons réussi à penser une nouvelle voie sociale, sociétale, historique, philosophique, idéologique… entre tous les courants froids de la guerre immonde. La démocratie en bandoulière nous empêche d’être fils de STALINE, TROTSKI n’est jamais arrivé au pouvoir pour essayer avec dignité d’asseoir le prolétariat à la table de l’oligarchie mondiale. Démocrate donc mais social : avec, le risque néomarxiste ? Démocrate mais fidèle à HAYEK : avec, les insidieuses tentations personnalistes et cavalières sur le dos de la multitude ? Démocrate mais écologiste : avec, le risque de bloquer tout projet révolutionnaire parce que certaines craintes de l’intellect assombrissent des potentialités finalement mal anticipées ? Large est le choix (pour qui tenterait de décortiquer les différentes tendances) et l’instruction à (se) “soumettre à la question“ : pour distinguer notre Afrique, grâce à une nouvelle utopie et une nouvelle philosophie discursive appliquées à nos contextes, pour fédérer des suiveurs, pour négocier avec Autrui, pour ériger un quatrième voire un neuvième couloir : un modèle spécial, nous faut-il désormais, penser en conclave !

Quid du panafricanisme  juxtaposé à l’ultranationalisme ou à la xénophobie anti-blanche alors que nous « empruntons » beaucoup ? Quid du repli identitaire appuyé sur une authenticité pétrifiée sans référentiel incontestable pourtant joint à une envie de transfert de souveraineté vers une autorité supranationale (peu ou prou) adémocratique, subrepticement oligarchique. Quid de nos propres atavismes : demeurons-nous influençables ?

Par ici le débat. De pandore ouvrons la boite. Pour triturer les viscères de notre « Renaissance », peut-être que s’y cachent quelques augures. Parce qu’il nous faut, non pas ressasser l’Égypte, elle aussi a été vaincue. Vaincue, le génie ptolémaïque en a éparpillé la sagesse et la « connais-science » de Rome à Delhi. Dépasser l’Égypte négro-pharaonique n’est point la rejeter. C’est la déplumer. Lui laisser son corps osirien, la féconder avec un logos spermatikos Iémanjo-nyambeiste. L’habiller avec une nouvelle armure d’Hor. Résister, créer, renouveler, mobiliser, diriger : ça prend du temps ! Passé il ne se rattrape. Nous le perdons en nostalgies inopérantes et querelles d’experts puceaux.

Il ne sert à rien de dénoncer l’injustice et l’arbitraire d’un système si l’action n’est pas organisée pour y mettre un terme. La Parole de Ruben UM NYOBE portant la voix du tiers-monde aux rois du monde. UM, l’adulte qui ne voulait plus être un enfant et qui est arrivé au perchoir grâce à la mutualisation des cotisations de ceux qui n’étaient RIEN. C’était là le temps bon, proche et motivateur, nul besoin de remonter si loin dans le tumulte du temps pour ériger des statuts de chimères en hiver avec de la neige.

D’abord, clarifiés, nous serons. Puis nous deviendrons ce que nous sommes. Afin de recréer les liens interdépendants d’antan. Enfin, Phare et vigie, vigiles et visionnaires…

 

par DOUALLA YANN

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