En Action et en Vérité (édito #1) !

Instantanée, parfaite et définitive. La règle de validation d’un miracle selon la doctrine catholique, claire et stable sur ce triptyque, se veut rationalisation de l’irrationnel. Elle sous- tend que le divin esprit : lumière blanche ou noire, considérant les Lois de la Nature, ne négocie pas son sacre avec la disharmonie, il l’efface ! Dieu et Mammon ne cohabitent pas. Là où trône Mawu nul n’oserait vénérer Sakpata (et  inversement) !

Ainsi quand Dieu dispense, qui veut : prend ! En Afrique, l’animisme est censé pousser vers tant le panthéisme que le panpsychisme : Dieu et son âme sont partout et là où ils sont, point ne transigent, il n’y a pas d’autre réalité que la leur. Celle-ci, naturellement entendue par tous sous la forme de l’harmonie, de la lumière, de l’osmose. Or, tous les jours les initiés (revanchards) des villages, les pasteurs et imams (béats) postcoloniaux, tout en disant se battre pour Dieu, se battent d’abord les uns contre les autres en séparant le peuple élu de Dieu sur la terre sacrée d’Afrique.

Constatons le hiatus même entre la nature de Dieu et les processus en faveur de sa contemplation par et pour tous. Tous les jours en Afrique, dans la rue, sur internet, dans les rues feutrées des gens de la diaspora : quelques mots frêles et justes annihilent la confiance dans la sincérité, la bienveillance et la moisson des fruits du travail. L’africain préfère la libation dans un entre-soi d’ivresses éloquentes (ou pas) productives (ou peu) dont le bénéficiaire sera plus ou moins, toujours, le même membre de la famille ou de la communauté des purs. « Aimer » n’est qu’un mot mais aimer ne saurait pas se fonder uniquement sur des mots innocents voire… simplets. Là où il est dit qu’il y a Dieu, nous ne devrions donc trouver que des diacres : ses ministres !

Les africains, nous, disent aimer l’Afrique. L’Afrique est inanimée. Elle n’a besoin de rien : indulgente et miséricordieuse ! Les africains doivent d’abord aimer les africains. Pourtant le mépris entoure les invitations à la politique, la vérification concertée (la revendication) et la gouvernance : directes. Réprobation sans action équivaudra paradoxalement à indignation vis-à- vis de l’absence de sincérité de ceux qui s’essaient aux  nécessaires choses. Une erreur.
Contagieuse.

La médisance lassant les « bons » sans baudriers, ni logo, ni diplômes théosophiques, ni regalia, ni titres honorifiques, ni ordination ; ont-ils compris, les autres, les « bergers » que sans le “Nous“, beaucoup plus aveugles que borgnes, ils étaient ?

C’est le moment… Voici venue l’heure de « grand-remplacer ». L’Afrique nouvelle se doit de devenir un « quelquechosisme » appliqué au bénéfice de quelqu’un : bénéficiaire marchant non (toujours) identifié (ou identifiable) ; seulement même deux heures par semaine ! Deux heures par semaine au bénéfice d’un autrui, sans ameuter les sirènes de la main gauche. Deux heures par semaine, sans s’éprouver via le jeûne : soi-même ou les bénéficiaires de son action. Sans trop de manifestations publiques, de revendications ou de démonstration solidaire : deux heures par semaine à encourager un entrepreneur (économique ou social). Deux heures par semaine à promouvoir le projet de quelqu’un. Deux heures par semaine, à se consacrer, désintéressé, au bien-être, même d’une seule personne ! Le génie de Sankara disait qu’il ne sert à rien de prononcer le nom du médicament, il faut connaître le diagnostic puis prendre le médicament. Pour l’heure, et par intuition prophétique, je peux affirmer que le médicament est dans la preuve, la preuve et sa méditation font grandir le médicament. Ce qui en soi grandit, peut être verbalisé, mais peut-on seulement communiquer une émotion, une sensation, un sentiment nouveau ou rénové, un état de mieux-être ?

C’est l’heure de « grand-remplacer » la philosophie frigide par la philosophie de soi, sur et pour soi, l’aphonie par l’empathie, l’empathie par l’essai, l’essai par l’action désintéressée, l’action désintéressée par l’investissement civique et citoyen. Quand ce médicament en conscience grandira, il sera nommé puis enfanté. Il n’est autre que l’Amour ! Aimez-vous. Aimez votre prochain. Aimez en action et en vérité. Allah n’a besoin de rien de plus.

Ainsi, devrions-nous plutôt que de conspuer notre passé, de faire des libations pour que nos vaincus ancêtres nous exhaussent, nous interroger sur ce qui est cassé et doit être réparé. Nous interroger sur la responsabilité sociale individuelle de tout citoyen ayant atteint « l’âge de faire » qui exige le bonheur mais contemple une manne qui, du ciel ne tombe, en vérité, que dans les fables et les récitations mythiques. L’Afrique, notre Afrique est un jardin d’Éden : tout y pousse quand le temps est venu, l’est-il ? Tout y pousse mais les africains ont faim : pourquoi le travail, l’arbre ne produisent-ils plus de fruits alors que les enfants d’Afrique semblent toujours aussi vigoureux : en pensée, paroles, en mots entrainants !

C’est l’heure de commencer à aimer en action : voyant le beau, là où il se trouve. D’aimer en action : exorcisant bien aujourd’hui les démons d’hier. Finissant vrai les deuils. Vantant les savants, les artistes, les héros, les simples, les idées, créatifs, les investisseurs, les pensées… les vivants : Aujourd’hui, en vérité, aimez, essayez !

Joyeux kwanza, bonne année et bonne chance & et cetera !

 

par DOUALLA YANN

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s